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(...) Philippe Baran (*1960) franchit sciemment la frontière entre la peinture et la sculpture.
Son oeuvre offre une pluralité de stimulations sensorielles par ses contrastes (matières, coloris), ses formes libres et creuses où se terre parfois une image, nées sans préméditation du geste créateur, et son emplacement (sur le sol, sur le mur à des hauteurs variables). Chacune de ses positions suscite un désir propre d'exploration "physique" qui prolonge l'appréhension visuelle de l'oeuvre. Désir voyeuriste qui cherche à voir ce que cache l'obscurité de la cavité intérieure, sexuel dans l'évidence attirante de l'ouverture que confortent certaines oeuvres à connotation explicitement phallique, désir de confirmation tactile des matières duveteuses, etc.
Les oeuvres de Philippe Baran contribuent de la sorte à une alchimie du moi qui "n'est rien d'autre que l'obstination à désirer sans fin" selon le propos de Raoul Vaneigem.
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